En 2014

À propos de l’élimination de la violence faite à l’égard des femmes

Deux prises de parole sur ce sujet, une première sur la dimension du « féminin » par Féa et l’autre, le « doux chagrin », une réflexion par Rita Amabili.

Le féminin en péril

Au sujet de l’appel pour l’élimination de la violence faite à l’égard des femmes, il me semble que nous pourrions dire : « pour l’élimination de la violence faite à l’égard du féminin »… parce que le féminin est souvent agressé bien avant que ne le soit la femme, et non seulement par l’homme mais aussi par la femme elle-même.

Le féminin est en péril dès lors qu’on ne reconnait plus sa vocation première d’ouverture, d’intériorité, de douceur et de tendresse, non seulement dans la femme, mais aussi dans l’homme.

Est-ce le masculin (en l’homme et la femme) qui agresse le féminin (en l’homme et la femme), et si oui, pourquoi? La réponse n’est pas simple, mais je crois que nous sommes dans un monde qui s’est déséquilibré en glorifiant de plus en plus les valeurs extérieures d’un certain avoir, pouvoir, savoir… au détriment de valeurs plus intérieures qui touchent l’être, la personne intime et le monde moins apparent de l’âme. Le masculin qui va porter sa semence dans le monde est alors plus primé que le féminin qui accueille, et cela au niveau des deux sexes. Lorsqu’on en est venu à vouloir tout expliquer par le matérialisme – et donc par la science, la raison (qualité plus masculine) a pris le dessus sur l’intuition (qualité plus féminine) plus apte à saisir notre réalité spirituelle. De fil en aiguille, le monde de l’intérieur – et donc du féminin en chacun de nous – a été plus ou moins méprisé, et parfois même nié.

Le féminisme est alors venu comme une tentative de redonner aux femmes leur pleine dignité en les aidant à prendre leur place dans ce monde masculinisé. Pour ce faire, les femmes ont dû actualiser leur côté masculin pour se battre d’égal à égal, sauf qu’étant des femmes, la lutte était en partant inégale, et d’autant plus inégale qu’à force de lutter pour se tailler une place dans ce monde d’ambition et de performance masculine, le féminisme lui-même en est parfois venu à rejeter les valeurs féminines plus maternelles et intérieures.

Dans ce jeu, tout le monde est perdant… car si le corps de la femme a été de plus en plus réduit à un objet de convoitise et de consommation, et donc d’agression pour se l’approprier, voire de vengeance de ne pas le posséder, il est évident que l’homme est en perte de repère féminin – si l’on peut dire ainsi – et  plus l’homme porte en lui la marque du féminin et plus il est perdu.

En chacun de nous cohabitent le masculin et le féminin, et à chaque fois que nous nions l’un au profit de l’autre, l’équilibre de l’humanité est perturbé… et lorsqu’on viole l’un, on viole inévitablement l’autre.

À chaque fois que nous méprisons d’une manière ou d’une autre ce qui en nous ou en l’autre est faible, fragile, vulnérable… tout en valorisant ce qui est puissant, performant, glorieux… nous faisons acte de violence à l’égard du féminin.

Féa

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LE DOUX CHAGRIN

De Rita Amabili

Sur des paroles de Gilles Vigneault

Extraits :

J´ai fait de la peine à ma mie
Elle qui ne m´en a point fait
Qu´il est difficile d´aimer
Et moi qui tant en méritais
Dites, ma mie, vous m´en feriez?
Qu´il est difficile d´aimer
Mais depuis long de temps je sais
Que sans peine il n´est point d´aimer
Qu´il est difficile d´aimer
Que sans peine il n´est point d´aimer
Et sans amour, pourquoi chanter
Qu´il est difficile d´aimer
Pourquoi ce refrain m’est-il venu en tête dès l’instant où j’ai mis mon pied hors du lit? Serait-ce parce que dans les journaux et sur le web, on entend sans cesse des histoires où les relations humaines ont été déloyales, où les escroqueries se sont faites alors que les détrousseurs regardaient franchement leur victime dans les yeux, se faisant souvent passer pour des amis intimes ou des professionnels honnêtes?

Peut-être aussi parce que tant de couples se font et se défont autour de moi et que les histoires du cœur finissent trop souvent sur un sol vallonné, tourmenté, laissant les protagonistes meurtris de différentes façons?

Pourquoi donc, ce refrain un peu vieillot me hante-t-il? La façon qu’a eue l’auteur d’aborder le sujet est-elle vaguement désuète?

J´ai fait de la peine à ma mie, elle qui ne m´en a point fait.

On ne dit plus ce genre de choses aujourd’hui. Le cours de notre vie est si rapide qu’il est probablement normal d’oublier un peu les délicatesses d’avant. Aussi, au volant de mon auto, il arrive que je coupe désobligeamment le conducteur moins pressé que moi. Bien sûr, le mode de conduire général des habitants de ma ville ressemble plus à la précipitation qu’à la modération…

Cela me fait penser à mes conversations téléphoniques, n’est-ce pas souvent une perte de temps? Je dis à la hâte ce que j’ai à dire et lorsque parfois j’y repense, je remarque comme un bleu sur mon cœur…

Qu´il est difficile d´aimer.

…mais il faut bien gagner sa croûte. Au travail, je n’ai pas de temps à perdre. Particulièrement si je veux toucher moi aussi au succès dont se targue ma consœur. Elle a gagné ses galons facilement et je l’ai observée avec un pincement escalader les échelons alors que moi je demeurais derrière. J’ai d’ailleurs beaucoup de difficulté à la côtoyer.

Et moi qui tant en méritais…

Non, non. N’allez pas croire que je sois jalouse. J’ai mis cette ligne de la chanson seulement pour…

Je ne sais pas pourquoi je l’ai mise là. Justement là.

Il arrive que je repense au temps où l’on prenait le temps… D’écouter, de nous réjouir pour l’autre, de l’accompagner, de faire entrer chez soi le guenilleux, qui curieusement ne dormait pas dans la rue avec des centaines d’autres de ses compagnons.

Il arrive que je rêve d’un monde de compassion. Dans ce songe, les gens de la Syrie ne sont pas victimes des décideurs, les enfants ne sont pas exploités, les petites filles ne sont pas irrémédiablement dépossédées.

Il faudrait peut-être que je change certaines de mes pensées concernant mon propre mode de vie, que je décide de me mettre à la tâche pour changer ma réalité au niveau de mon quotidien. Me donner de la peine pour ouvrir mes horizons…

Car là où est votre trésor, là sera votre cœur.

Non, cet extrait-là ne vient pas de Gilles Vigneault mais d’un docteur, d’un auteur également. Il a écrit le troisième évangile et les Actes des apôtres.

Il faudrait bien en reparler.

Qu´il est difficile d´aimer mais depuis long de temps je sais que sans peine il n´est point d´aimer…

Rita Amabili

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Réflexion prière sur les événements violents
d’octobre à Ottawa et St-Jean-sur-Richelieu

« Maintenant plus que jamais,
le Prince de la Paix est convié à prendre sous son aile,
tous ces jeunes loups errant sans père ni repère, jetés à la mer, avalés:
loups blessés à mort, inaccomplis, et qui s’élancent
dans les bras d’un « père » fort: l’islamisme radical…
Pour enfin se délivrer du mal subi… dans la violence du mal commis: beau tableau…

L’Histoire se répète là même où la mémoire se perd…

Les « mères d’octobre » sont désormais quatre à pleurer
les unes, un héros, les autres, un fils déboussolé…
Et combien d’autres en silence…
Ainsi nous arrive de tous côtés,
cette violence devenue irrépressible de « l’enfant-pour-soi »,
dit « enfant-roi »…

Seigneur, qu’avons-nous fait de tes enfants?
Des fils « hors-la-loi »?
Délivre-nous du mal, sauve ton peuple,
qu’il se réveille et se tourne vers toi, Prince de la Paix:
Toi sans qui nous errons sans foi ni loi. »

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En écho aux événements survenus aux Parlement d’Ottawa,
le 22 octobre 2014

L’événement surprise survenu le 22 octobre au Parlement, centre de la vie démocratique de notre pays, fait d’abord appel à notre compassion pour les familles qui ont perdu un des leurs, à Ottawa et à Saint-Jean quelques jours auparavant.

Nous n’aimons pas voir le visage de la violence qui se manifeste sous un jour inédit et nous sommes en alerte, conscients du risque réel de voir réduire encore l’espace de la confiance tellement nécessaire à la santé du vivre ensemble.

L’événement sème aussi l’inquiétude. La tentation sera grande de dégager trop tôt des leçons qui nous acheminent vers des mesures exceptionnelles de sécurité et de contrôle. Sous couvert de sécurité, des décisions hâtives provoqueraient une association malheureuse entre criminalité et radicalisme attribuable, entre autres, à des pratiques islamistes que des musulmans récusent eux-mêmes.

Si nous nous mettions à l’écoute du désarroi qui a conduit de jeunes hommes à des comportements violents et destructeurs, nous apprendrions sûrement des choses sur notre propre société, sur le besoin de réaffirmer des valeurs de solidarité dans un climat de respect qui autorise l’énoncé de ses croyances, dans l’ouverture à l’autre.

La violence mène inévitablement à la violence. Que nos élus aient la sagesse de promouvoir une culture de paix, puisant à même la tradition de non-violence qui honore notre pays. Qu’ils soient  convaincus que la meilleure manière de dissuader l’extrémisme est de contribuer à éliminer de notre monde, et surtout des pays les moins privilégiés, les inégalités criantes qui perdurent. Qu’ils nous aident à pratiquer la justice sociale et la justice écologique, car notre terre est sacrée, et chaque être humain a sa propre dignité.

Richard Renshaw

Secrétaire des Antennes de paix.

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