Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté + La Nuit des sans-abri

 « Quand on ne prend pas en compte que les plus pauvres sont créateurs de paix, on ne peut pas parler de bâtir une paix. »

(ATD Quart-monde, conclusions de recherche action 2009-2012)

La Nuit des Sans-Abri a toujours lieu le troisième vendredi du mois d’octobre alors que la Journée Mondiale du Refus de la Misère se tient toujours le 17 octobre. Cette année, les deux activités tombent la même journée. Dans le contexte des « budgets d’austérité» annoncés par maints gouvernements dans le monde, interrogeons-nous sur les conséquences des décisions sur les plus pauvres, individus et familles, jeunes et personnes âgées, qui sont exclus du festin de l’abondance, du partage équitable des richesses et des ressources.

Depuis 25 ans, le slogan de la Nuit des sans-abri est « Personne n’est à l’abri »

En soulignant ces deux événements, nous n’oublions pas qu’en raison des changements climatiques ou des conflits armés en cours, des millions de personnes sont en recherche d’un abri sûr, d’une terre d’asile, et doivent réorganiser leur vie après avoir perdu une partie ou la totalité de leurs biens. Cette réalité faisait dire au Secrétaire général de l’ONU, en  juin 2014 :

En 2014, la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté propose de « Ne laisser personne de côté; réfléchir, décider et agir ensemble contre la misère »

Le thème choisi par les Nations Unies, en consultation avec des militants, la société civile et des organisations non-gouvernementales reconnait et souligne le défi exigeant auquel sont confrontés les initiatives de terrain ainsi que les chercheurs et les responsables politiques : identifier et assurer la participation des personnes vivant dans l’extrême pauvreté et l’exclusion sociale dans « l’Agenda post 2015 », à la suite des Objectifs du Millénaire pour le Développement.

L’appel à “Ne laisser personne de côté” souligne l’urgence d’éliminer les discriminations pour cause de pauvreté, ou fondées sur l’origine ethnique, le sexe, le statut économique ou social.

L’appel à “Réfléchir, décider et agir ensemble contre la misère” souligne l’urgence d’inclure les personnes en situation d’extrême pauvreté comme de nouveaux partenaires dans l’élaboration des connaissances pour un développement plus durable.

En savoir plus :
http://refuserlamisere.org/article/note-explicative-du-theme-international-du-17-octobre-2014

 

Origine de la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté

Une Charte internationale 17 octobre – Journée mondiale du refus de la misère

Le 17 octobre 1987, Joseph Wresinski convia cent mille personnes de tous horizons à se rassembler pour célébrer la première Journée Mondiale du refus de la misère sur le Parvis des droits de l’homme et des libertés, là où fut signée en 1948 la Déclaration universelle des droits de l’homme à Paris.

L’appel gravé sur la Dalle commémorative qui fut dévoilée ce jour-là prend acte de la situation dramatique dans laquelle se trouvent celles et ceux connaissant l’extrême pauvreté, la violence et la faim. Il proclame que l’extrême pauvreté est une violation des droits de l’homme et affirme la nécessité de s’unir pour assurer leur respect.

« Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les droits de l’homme sont violés. S’unir pour les faire respecter est un devoir sacré. » Père Joseph Wrésinski

La nuit des sans-abri

La 25e Nuit des sans-abri au Québec

Selon le Comité organisateur de la Nuit des sans-abri de Montréal,  la 25e édition de la Nuit des sans-abri se tiendra vendredi le 17 octobre dans un nombre record de 37 villes à travers la province, alors qu’elle se tenait dans 23 villes il y a cinq ans. Ce succès de la solidarité a quelque chose de paradoxal étant donné l’aggravation et la complexification de l’itinérance au Québec, mais en même temps, traduit l’élargissement de cette préoccupation à un nombre grandissant d’endroits…  nous sommes à une certaine croisée des chemins à laquelle se rattachent des défis d’importance.

Par exemple, le gouvernement du Québec a dévoilé en début d’année une Politique nationale de lutte à l’itinérance et on doit voir sous peu le tout premier plan d’action qui en découlera. La Politique reconnait la nécessité d’une responsabilité collective, d’une vision globale du phénomène et de réintégrer des droits (de cité, au logement à un revenu décent, etc.) actuellement niés aux personnes vulnérables. Est-ce que ce plan d’action correspondra à cette philosophie qui caractérise fort bien la réalité de l’itinérance ? Lire sur :

Facebook : la Nuit des sans-abri de Montréal, Site Internet: www.nuitdessansabri.com

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Nous tolérons l’inacceptable

« Nous savons que les personnes en situation d’itinérance se comptent
malheureusement par milliers au Québec. Des femmes et des hommes qui vivent dans la précarité extrême, sans toit, sans chez-soi. Marginalisées, muettes, discrètes, souvent méprisées, ces personnes n’ont pas droit de cité dans une société qui figure parmi les plus riches au monde. Pourtant, tous les jours nous tolérons cela, nous tolérons l’inacceptable. Cette tolérance est devenue une norme sociale qui, au mieux, engendre de la compassion lors de grands froids ou devant ce qui nous semble une intervention inappropriée à l’égard des personnes en situation d’itinérance. Autrement et honteusement, cette tolérance devant l’inacceptable nourrit cette idée commode qu’il y aura toujours des personnes en situation d’itinérance, responsables de leur sort, peu importe les efforts que nous pourrions consentir pour les aider, comme si cela était une fatalité. La présente politique est fondée sur une volonté très ferme de modifier cette norme sociale. Elle se veut une contribution nécessaire à l’émergence d’une nouvelle conscience et d’une mobilisation collective afin de prévenir et de contrer l’itinérance. »

Ensemble pour éviter la rue et en sortir. Politique nationale de lutte à l’itinérance,
Gouvernement du Québec, Ministère de la santé et des services sociaux, Politique nationale de lutte à l’itinérance, 2014

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L’itinérance des femmes en progression à Montréal

Le 21 mars 2012, plusieurs groupes de femmes et organismes qui interviennent en itinérance se sont réunis dans le cadre d’un forum public organisé par la Table des groupes de femmes de Montréal portant sur la réalité des femmes en situation d’itinérance.

Nous sommes face à un constat : l’itinérance des femmes augmente, se complexifie et se diversifie. Elle prend désormais plusieurs visages. Différentes ressources mentionnent le rajeunissement tout comme le vieillissement des femmes qui sont dans la rue, dénombrent de plus en plus de mères avec enfants, observent l’augmentation des femmes immigrantes, autochtones, handicapées et des femmes ayant des problèmes de santé physique et/ou mentale, etc. Différents visages qui marquent et construisent les spécificités du phénomène de l’itinérance au féminin.

En savoir plus : « L’itinérance des femmes en progression », Le Devoir, 27 juin 2012

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Les jeunes sans-abri dans le monde

Notre planète abrite 1,2 milliard de jeunes de 10 à 19 ans.
Il y aurait plus de 200 000 Canadiens sans‑abri
Ils n’ont pas d’accès à des logements à prix modiques.
Problème de dépendance à la boisson et aux drogues.
Problème de santé mentale.
Ils sont illettrés.
Victimes de violence
60,9 % déclarent avoir été maltraités durant l’enfance
60 % sont des garçons.

On estime que la population des sans-abri et de ceux qui vivent dans des logements précaires avoisine 1 milliard de par le monde ;

aujourd’hui, les villes du monde abritent plus de 100 millions d’enfants de la rue et des habitants qui vivent dans des établissements dépourvus d’eau, d’égouts, de ramassage d’ordures, de chauffage, d’électricité.
Source: http://www.google.ca/search?q=Statistique+les+jeunes+sans-abri+dans+le+monde&ie=utf-8&oe=utf-8&aq=t&rls=org.mozilla:en-GB:official&client=firefox-a

L’État néglige ses outils pour combattre les inégalités de revenus

Une analyse de l’ISQ montre que le système de redistribution de la richesse a été moins efficace au cours de la dernière décennie.
8 octobre 2014 |Karl Rettino-ParazelliActualités économiques

http://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/420490/l-etat-neglige-ses-outils-pour-combattre-les-inegalites-de-revenus

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Les pauvres, grands absents de la campagne américaine 2012

Aux États-Unis, la pauvreté se maintient à un niveau record en 2011. Selon le rapport du bureau du recensement, elle concerne près de 46,2 millions de personnes, soit près de 15% de la population. Sont considérés comme pauvres ceux dont le revenu annuel se situe sous le seuil de pauvreté, soit 23,021 dollars pour une famille de quatre personnes. Un autre constat fait par la Réserve Fédérale s’avère bien embarrassant pour le président-candidat Barack Obama. Il concerne le revenu moyen des ménages en baisse pour la quatrième année consécutive. Entre 2007 et 2010, elle est estimée à 7,7%. Pourtant ce thème de la pauvreté est bien peu abordé durant la campagne électorale. Le point de vue de François Durpaire, historien des États-Unis.

ARTE Journal : Est-ce que la crise suffit à expliquer ce niveau de pauvreté ? En savoir plus :
http://www.arte.tv/fr/les-pauvres-grands-absents-de-la-campagne-americaine/7018266,CmC=7021290.html

temoignages

Rencontre avec l’itinérance (entrevue)

Samir est un jeune polytoxicomane qui a connu l’itinérance. J’ai fait sa rencontre dans un atelier de poésie au centre de jour Spectre de rue. Samir est probablement un des participants qui s’implique le plus dans les ateliers. Pour ma part, je suis sensible à cette triste réalité qui aurait pu me toucher.
Jean-Simon Brisebois, auteur de poésie urbaine. Dossier Itinérance

JS: Depuis combien d’années vis-tu l’itinérance?
Samir: Depuis 5 ans et demi.

JS: Qu’est-ce qui t’a amené à devenir itinérant?
Samir: Le goût de l’aventure, de voir ce que c’est vivre de l’itinérance.

JS: Qu’est-ce qui t’as amené à y rester?
Samir: La drogue, elle m’a amené à m’évader, elle m’amène un certain plaisir qui me donne de l’euphorie, ce qui me pousse à consommer de plus en plus pour oublier ma misère et mon itinérance.

JS: D’où provient cette misère?
Samir: Ma misère part de mon enfance blessée. Elle me donne de la difficulté pour trouver un travail, un logis. Mais en moi, il y a un grand espoir de m’en sortir.

JS: Quels sont les moyens que tu prends pour t’en sortir?
Samir: Au départ, pour me venir en aide, j’ai fait appel à des intervenants du Centre Dollard-Cormier qui m’aident à comprendre ce qui m’amène à consommer. De plus, je fréquente les ressources du centre de jour de Spectre de rue qui me permettent de me reposer. Ils me confrontent sur mes problèmes de drogues (crack et pot) pour m’aider à m’en sortir.

JS: Quel est le message que tu veux faire passer aux jeunes grâce à ce témoignage?
Samir: Ils ne doivent pas se laisser influencer par les gens qui voudraient les amener pour une raison à consommer des drogues. Ils doivent dire non aux drogues. Il faut suivre le bon chemin de la vie, parce que vivre de l’itinérance n’est pas rose.

a-l-oeuvre-pour-la-paix

De nombreux organismes d’entraide existent dans nos milieux de vie; pourquoi ne pas profiter de la Journée du 17 octobre pour prendre contact avec l’un ou l’autre et, qui sait, découvrir comment contribuer à améliorer les conditions de vie des plus pauvres par des gestes de solidarité et de partage.

Nous signalons à votre attention…

Le journal L’itinéraire

Le magazine L’Itinéraire est un « journal de rue » montréalais dont l’objectif est de contribuer à la réinsertion sociale de personnes itinérantes, toxicomanes ou sans emploi. Il s’agit, comme l’affirme leur site Internet, d’« une alternative à la mendicité et un outil de réinsertion ». Le magazine est produit par une majorité de personnes issues de la rue et est vendu par des camelots du même milieu. Le concept de journal-école de L’Itinéraire permet aux personnes issues de la rue de participer à la rédaction du magazine sous la supervision de la rédactrice en chef Catherine Girouard, du superviseur à la rédaction Jérôme Savary et de l’éditeur Serge Lareault. Sans contredit, l’accès à l’écriture personnelle ou journalistique leur redonne confiance en leurs possibilités et les motive à aller plus loin.
http://fr.wikipedia.org/wiki/L’Itin%C3%A9raire_(magazine)

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Le Piolet, restaurant école à Loretteville (Québec)

Le Piolet est un organisme de bienfaisance qui offre des services aux jeunes en difficulté de 16 à 35 ans. Par son action, il améliore la qualité de vie, le savoir-être et le savoir-faire professionnel des jeunes, en plus de les aider à prendre leur place dans la société. Environ 75% des jeunes qui ont suivi une formation au Piolet trouvent un emploi. À découvrir : http://lepiolet.com/ http://www.ecdq.tv/fr/videos/352407221afb776e3143e8a1a0577885

Le Piolet, au fil du temps – ECDQ.tv, une nouvelle vidéo sur Le Piolet créée par Monsieur Daniel Desmarquis du Service des communications, ECDQ.tv : http://www.ecdq.tv/fr/videos/4e62e752ae53fb6a6eebd0f6146aa702

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L’Institut Mallet, créé en 2013, est une réalisation conjointe des Sœurs de la Charité de Québec et de l’Université Laval. Sa mission est de contribuer à l’avancement de la pensée et de la culture philanthropique.

L’Institut Mallet entend valoriser les projets relevant de l’entraide, de la solidarité, du partage et de l’engagement dans tous les secteurs d’activités liés à la culture philanthropique au Québec. Dans un but partagé d’avancement de cette culture, l’Institut Mallet réfléchira sur le « pourquoi » de l’action philanthropique plutôt que de s’interroger sur le « comment ».

La misère est violence. Rompre le silence. Chercher la paix

Le Mouvement international ATD Quart Monde a mené pendant trois années une action d’élaboration de connaissance sur « misère, violence et paix » qui a associé plus de mille personnes à travers le monde. Cinq séminaires régionaux ont permis de dégager petit à petit des thématiques en fonction des réalités locales et des points communs. Un colloque international pour croiser ces travaux de connaissance avec des représentants du monde universitaire, de l’action et des institutions internationales a été organisé en janvier 2012 à Pierrelaye/France. Une journée publique à la maison de l’Unesco à Paris a présenté les travaux à un public plus large. Les conclusions de cette recherche action ont été rédigées par un groupe représentatif des participants à ce colloque. En apprendre plus :

http://www.atd-quartmonde.org/-Violence-et-paix-.html et la vidéo « La misère est violence » à
http://refuserlamisere.org/article/la-misere-est-violence-video-8

 

 

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