Affirmer la paix, malgré la violence

Un vol mouvementé pour la colombe de la paix en ce mois de novembre 2015!
(Cliquer sur la vidéo pour visionner et ouvrez vos hauts parleurs pour entendre la bande sonore)

Ce petit montage vidéo présente un bref survol des évènements marquants de ce mois en  quelques phrases-clés prises sur les médias et réseaux sociaux.

Partage de réflexions, de prises de parole, de témoignages et de commentaires pour la paix

Nous publions ce partage à la suite de la vague d’attentats, à Beyrouth, à Paris, à Bamako et à Tunis, en réponse à nos questions sur la violence perpétrée au nom de Dieu et sur l’appel à la paix entre les religions.

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Prises de parole pour la paix

…dans la presse

Quelques citations tirées de l’article de Fabrice Hadjadj : «Il faut prendre le glaive pour étendre le Royaume de l’amour»

L’oubli de « faire la paix »

Combattrons-nous le « bon combat », selon le mot de saint Paul ?

Nous voulions non pas la paix qu’on fait, mais celle qu’on nous fiche, peu importe à quel prix de dévastations, de « dégâts collatéraux ».

….il est normal, quand on refuse ce combat pour la justice, que notre paix apparente nous saute à la figure.

lutter pour le don

…il faut lutter pour le don, combattre pour la communion, prendre le glaive pour étendre le Royaume de l’amour.

Beaucoup de jeunes, en effet, se tournent vers l’islam parce que le christianisme que nous proposons ne contient plus d’héroïcité ni de chevalerie (alors que Tolkien est avec nous), mais se réduit à de gentils conseils de civisme et de communication non-violente.

Qu’avons-nous à opposer pour empêcher la contagion? Nos «valeurs  » peuvent lever des armées de consommateurs, pas de combattants.

La guerre est ici : dans le courage de porter une espérance assez forte pour que nous puissions donner nos vies et donner la vie.

http://www.famillechretienne.fr/politique-societe/justice/fabrice-hadjadj-il-faut-prendre-le-glaive-pour-etendre-le-royaume-de-l-amour#.Vkt0ISibcRk.twitter

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« Réapprendre à penser la guerre »

Tiré d’un article de Jean-Claude Guillebaud :

Pour la première fois depuis plus de deux siècles, les Européens ont vécu une période de paix de soixante-dix années. C’est long…

Nous avons oublié à quel point l’état de paix demeure fragile, protégé qu’il est par une mince pellicule de civilité et de respect du droit.

(…) L’état de sidération qui est le nôtre tient d’abord à cette « oubli » trop confortable.

Le philosophe Frédéric Gros, en 2005, proposait même de ne plus employer ce mot. Dans un ouvrage qui fit quelque bruit en 2005 (États de violence. Essai sur la fin de la guerre, Gallimard-Essais), il assurait que la guerre traditionnelle disparaissait peu à peu et se voyait remplacée par des « états de violence ». Ces derniers n’étaient plus liés à un territoire particulier, ne passaient plus par des armées en ordre de bataille, mais s’insinuaient jusque dans notre univers le plus quotidien : cafés, gares, restaurants, lieux publics.

Ne plus jamais être « terrorisés ».

(…) quelle que soit sa nature, il nous faut réapprendre à penser la guerre sans céder à la panique. Notre vraie réponse aux terroristes sera de ne plus jamais être « terrorisés ».

http://www.lavie.fr/actualite/societe/reapprendre-a-penser-la-guerre-14-11-2015-68174_7.php

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Pour terminer cette revue des prises de paroles publiques, nous nous en voudrions de passer sous silence l’extraordinaire « lettre au Père Noël » de Josée Blanchette, du journal Le Devoir. En voici quelques extraits :

Lettre au père Noël

Pour ceux qui y croient encore

Cher père Noël,

Cette année, préparez vos lutins de la division « objets encombrants », vous ne fournirez plus pour répondre aux requêtes inhabituelles. On vous demandera une maison, un pays d’accueil, un refuge et peut-être, dans une veine plus convenue, des fusils, des vrais, pourquoi pas? Il paraît que vous êtes un fervent distributeur. On répond comme on peut à la violence et certains veulent encore jouer à la guerre. La loi du talion, oeil pour oeil, plutôt que l’autre joue. C’est une logique qui se défend, sans jeu de mots.

Préférences genrées

Mais, au fond, père Noël, vous pourriez peut-être m’expliquer pourquoi ce sont en grande majorité des garçons qui sèment la violence, vous qui avez une longue expertise des préférences genrées, comme disent les féministes. J’aimerais aussi savoir si c’est une question d’hormones, une transmission atavique, une recherche d’intensité ou du conditionnement social? Inné ou acquis, XY ou G.I. Joe?

l’idéologie qui perdure

Une amie qui enseigne en science po et qui a le malheur d’être Française en plus, me disait hier : « Après la chute du mur de Berlin, on croyait que toutes les idéologies étaient tombées. Toutes, sauf une. » Je vous le donne en mille ou en coupures de 20, père Noël, l’idéologie qui perdure et dont vous êtes la mascotte officielle une fois l’an : le capitalisme et toutes ses dérives.

Poseurs de questions

Tiens, mon amie de science po a remis la main sur une phrase de l’avocat franco-algérien Jacques Vergès, célèbre pour avoir défendu de multiples bandits. Il pratiquait le droit extrême, celui-là : « Les poseurs de bombes sont en fait des poseurs de questions. » Ça m’a sciée, père Noël. Parce que je n’ai pas de réponses satisfaisantes à leurs questions assourdissantes..

Ma liste

Père Noël, en cette année qui s’achève, et qui a bien mal commencé de toute façon, j’aimerais vous demander un peu plus de tolérance, des bas de Noël pour tout le monde, pas seulement pour les fortunés, une autre planète tant qu’à faire, parce que celle-ci, on l’a bien amochée, plus d’éducation car l’ignorance rend l’Autre menaçant.

J’aimerais vous demander des apôtres de joie (oui, vous avez raison, nous avons déjà les enfants et les oiseaux), des diffuseurs de paix, un parfum d’ambiance qui anesthésierait l’ennui et la haine, ce moteur explosif à deux temps. Je ne vous demande pas de bébelles, elles n’ont jamais rendu personne heureux. On a dit cette semaine que c’était la guerre en temps de paix. Je vous demande la paix en temps de guerre, l’armistice, la fin des hostilités, des réponses simples à une situation complexe.

l’austérité hostile

J’ai plein d’autres questions comme ça, père Noël, mais je vous sais un homme occupé, Noël arrive à grands pas. L’ennui, c’est que beaucoup de jeunes ont cessé de croire au père Noël cette semaine. Ils ont perdu leur innocence à jamais. Et le mot « futur » s’annonce bien plombé. Ça ressemblera à la simplicité volontaire doublée de complexité involontaire.

Dites? Chez vous, au pôle Nord, c’est l’austérité hostile aussi?

Josée

http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/455698/lettre-au-pere-noel

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Témoignages de coeur

…Je pense aussi, toujours, à mes frères et sœurs syriens qui, comme ma famille en 1952, tentent de fuir ces mêmes horreurs pour survivre. Ces frères et sœurs que l’on confond parfois avec leurs bourreaux. «L’Histoire est un cauchemar dont je cherche à m’éveiller» écrit James Joyce.

Moi, né d’une union entre deux personnes, l’une, née en Égypte, l’autre, au Québec, issues de régions du monde dont les cultures seraient en choc de civilisation, moi qui ai longtemps cru que la terreur qui a poussé ma famille à s’exiler était en grande partie responsable de ma naissance, sais aujourd’hui, et m’y raccroche comme on s’accroche à une planche de salut dans cet océan d’horreur, que c’est l’amour et tout ce qui peut nous rapprocher comme êtres humains, par-delà nos différences culturelles, qui m’a fait naître. Puisse cette union perdurer malgré les années sombres dans lesquelles nous sommes plongés; puissent nos sangs se mêler par alliance, et non par les armes.

Extraits de l’article : Suis-je le fils du terrorisme?
Par Olivier Kemeid, Auteur, metteur en scène, directeur artistique de la compagnie Trois Tristes Tigres,

http://journalmetro.com/opinions/coup-de-coeur-coup-de-gueule/874395/suis-je-le-fils-du-terrorisme/

Une religion de paix

Si l’on demande aux musulmans ce qu’est l’islam pour eux, ils vous répondront tous la même chose : l’islam est une religion de paix. Car  le Coran, le livre sacré des musulmans,  fait état de l’importance accordée à la vie humaine dans le verset 33 du chapitre 5, « quiconque tuera une personne […] ce sera comme s’il avait tué l’humanité tout entière ».  Les musulmans sont donc devenus les plus grandes victimes, que ce soit les victimes  des attaques de l’État islamique en Irak ou en Syrie, ou victimes de l’islamophobie croissante.

Un témoignage de Mohammad Afaaq Mansoor, 17 ans,
Publié dans le Journal La Presse

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Notre invitée

Nous publions l’intégralité de l’article de Pascale Frémond, présidente de Religions pour la Paix, écrit le lendemain des attentats à Paris. Ce texte répond plus particulièrement à nos questions sur la paix entre les religions.

L’ILLÉGITIMITÉ DE LA VIOLENCE

Hier soir, nous avons suivi, effarés, ce qui se passait presque sous nos yeux à Paris. Heure après heure, nous avons su qu’il se passait des événements horribles, manifestement coordonnés, qui touchaient des groupes de personnes comme vous et moi, les uns à la terrasse d’un restaurant, les autres tout près d’un grand rassemblement sportif ou en train d’écouter la musique des « Eagles of DeathMetal », un groupe de rock au nom évocateur qui parle d’aigles de la mort. Les initiateurs de ces attentats ont été tristement symboliques dans le choix des lieux et des moments, de façon à marquer le plus possible l’imagination du plus grand nombre.

Nous apprenons ce matin que Daesh, autrement appelé Groupe armé État islamique, a revendiqué les attentats et menace de continuer à frapper les Français si les frappes en Syrie ne cessent pas.

Certains médias rapportent que certains assaillants ont crié « Allahu Akbar », « Dieu est le plus grand » en entrant dans la salle du Bataclan dans le but d’assassiner des dizaines d’innocents. De quel Dieu parlaient-ils donc, qui est ce Dieu qui demande d’assassiner des innocents?

Nous savons que depuis longtemps, trop longtemps, il existe des lectures du Coran bellicistes, certains prennent hors contexte des passages du Coran et en font leur credo, appelant soi-disant à une guerre « sainte » au nom de la religion de l’Islam. Or il se trouve que cette guerre sainte dont parlait le prophète de l’Islam concernait en premier lieu le combat intérieur que chacun est appelé à mener contre ses propres penchants de haine, d’égoïsme et de séparativité. Ce djihad par le coeur incite les musulmans à faire un effort dans le chemin de Dieu, à combattre leurs propres faiblesses pour s’améliorer et améliorer la société. Cette « guerre sainte » intérieure, c’est celle que font quotidiennement des centaines de millions de musulmans de par le monde, particulièrement dans des périodes comme celle du jeûne du Ramadan où ils n’hésitent pas, entre autres par souci de purification, à se priver de manger et de boire pendant de très longues journées durant presque un mois chaque année.

Puisque cette « guerre sainte » est d’abord à mener en soi-même, qu’est-ce qui pousse certains individus et groupes à la négliger pour lui préférer une guerre contre tous ceux qui ne croient pas dans ce qu’ils considèrent LA religion?

Il y a bien sûr les citoyens des pays où une telle vision belliciste de l’Islam prédomine, à coup de répression si l’on ose s’y opposer. Ils n’ont pas trop le choix, cette façon de penser et d’interpréter la religion de l’Islam est presque écrite en grosses lettres dans la version du Coran qu’ils lisent chaque jour, laquelle version est d’ailleurs largement traduite et distribuée de par le monde par la libéralité de certains gouvernants d’états connus de tous. Cela ne veut pas dire que les citoyens de ces pays se soumettent tous, il y en a qui sortent du rang comme le blogueur RaifBadawi dont la femme se bat actuellement au Québec pour obtenir sa libération, et bien d’autres certainement que l’on connaît moins.

Il y a aussi tous ceux qui se sont autoproclamés imams ou autre titre, prétendant enseigner aux autres ce qu’ils ne connaissent pas. Les intellectuels musulmans, comme GhalebBencheikh en France, les dénoncent depuis longtemps, appelant à une formation des personnes chargées de faire connaître la religion de l’Islam, qui compte des universités prestigieuses comme l’université al-Azhar en Égypte. Ces imams autoproclamés s’adressent à des jeunes souvent privés d’espérance. Marginalisés par leurs sociétés d’accueil, ils sont des proies faciles et sont attirés par les promesses de gloire de cette soi-disant « guerre sainte » contre les ennemis non seulement de l’Islam mais même, leur dit-on, de Dieu. Ce Dieu qui aurait besoin d’eux pour le défendre, pour le venger de ceux qui ont osé représenter le prophète de l’Islam. Il est important ici de mentionner que jamais ce prophète n’a fait de représailles quand on s’est attaqué à lui, que même gravement blessé, il a invoqué le pardon de Dieu sur ses assaillants, reprenant les paroles du Christ sur la croix et disant « Seigneur, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font. »

Il est criminel d’abuser ainsi de la naïveté des jeunes qui, dans leur crédulité, pensent fermement qu’en s’immolant et en se faisant sauter au nom de leur religion et de leur dieu, ils iront au paradis! Il faut dire haut et fort qu’aucune religion ne réclame le massacre des innocents. Après des siècles de guerres de religion dans le monde, il est temps de dire et de faire connaître partout que les religions ne sont pas violentes, mais qu’elles sont interprétées malveillamment par des personnes avides de pouvoir et d’argent, et détournées de leur bienveillance envers tout ce qui vit à des fins personnelles. La religion, comme son étymologie le dit, est le rétablissement d’une relation, lare création d’un lien entre l’individu et une présence transcendante qui le dépasse et englobe le Tout. Elle est absolument bienveillante, quelle qu’elle soit, dans son essence. On a fait des guerres de religion entre Chrétiens alors que le Christ était notoirement non-violent, disant à Pierre qui tirait son épée pour le défendre : « Rengaine ton épée, celui qui tire l’épée périra par l’épée. » Le message du Christ était on ne peut plus clair, on ne doit pas utiliser la violence, et pourtant les Chrétiens l’ont utilisée pendant des siècles, et toujours pour dominer une partie d’un peuple. Et ils ne sont pas les seuls, l’histoire de l’Humanité pullule de tels abus.

Certains font un amalgame entre les musulmans et Daesh, autrement appelé Groupe armé État islamique. Après tout ce qui a été dit partout, dans les médias et sur les réseaux sociaux, particulièrement depuis les attentats de janvier 2015 contre les journalistes de Charlie Hebdo, chacun sait que l’on ne peut pas confondre les uns et les autres. Les musulmans sont ceux qui, en toute bonne foi et en toute bonne volonté, s’appliquent à vivre une vie conforme à l’enseignement de paix de leur prophète, un enseignement qui préconise l’amour de Dieu et l’amour du prochain et présente un Dieu de miséricorde, pas un Dieu qui serait le plus grand et que l’on invoquerait en tirant aveuglément sur une foule innocente armé de kalachnikov. Oui, le Dieu de l’Islam est grand, il est le plus grand car il est le Dieu de tous les croyants. Allah est le même que God, que Dieu, que toutes les appellations que l’on lui donne, quelles que soient les religions et les spiritualités. On ne peut se tromper désormais sur ce point, il n’y a pas différents dieux selon les religions, les croyants vénèrent le même Dieu, et c’est le Dieu commun dont les érudits musulmans parlaient dans leur Lettre ouverte en 2007 intitulée « Une parole commune entre vous et nous » et destinée au Pape Benoît XVI et à 40 personnalités chrétiennes. Ce Dieu commun est un Dieu d’amour, et tous les musulmans le savent d’autant mieux qu’ils le disent au début de leurs 5 prières quotidiennes : «Au Nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux ».

Daesh, ce sont les assaillants que nous venons de voir à l’œuvre à Paris, qui croient en un dieu grand qui leur demanderait de le venger en tuant d’autres humains dont ils ignorent totalement qu’ils sont leurs propres frères et soeurs, mais surtout ce sont des têtes pensantes qui, elles, ne peuvent pas être taxées de naïveté. Ce sont des intellectuels, des personnes éduquées qui sont passées par les universités. À ne pas confondre avec ceux qui commettent les crimes. Leurs crimes à eux, ce sont des raisonnements, des idées, ils s’appuient avec rigueur sur des extraits du Coran et sur certaines interprétations auxquelles ils réfèrent avec autorité avec force chiffres et citations, tâchant ainsi d’étayer leurs fausses conceptions de la religion de l’Islam. Ces intellectuels ne sont pas du tout innocents. on pourrait même se demander en parcourant l’un des numéros de leur revue de propagande, s’ils n’emploient pas une armée de recherchistes chargés de trouver, dans le Coran et dans la tradition islamique, les passages qui servent à fonder leurs idées de meurtres et de domination.

On ne peut nier que les groupes extrémistes ont eu le jeu facile grâce aux interventions abusives de certains pays occidentaux avides de domination eux aussi sur des territoires riches en pétrole, entre autres. Comme l’ex Premier ministre David Cameron l’a reconnu récemment, la présence occidentale – dévastatrice pour des centaines de milliers d’habitants des pays concernés, pour ne pas dire des millions d’habitants – a fourni aux extrémistes un terreau fertile pour l’enrôlement de personnes exaspérées par cette occupation étrangère de leur territoire. Les uns et les autres ne sont pas excusables, leurs motifs n’étant pas d’aider leurs prochains, mais bien d’user de violence pour s’enrichir et dominer les autres considérés comme non importants, presque non humains, « bavures » d’opérations pourtant hautement sophistiquées.

Certains demandent sur les réseaux sociaux ce matin : « Mais que veut Daesh »? Eh bien, ils veulent la domination de leurs croyances, ils veulent imposer par la violence au reste des êtres humains ce qu’ils considèrent comme LA religion. C’est la définition même du fanatisme. Alors que la religion est le lieu par excellence de la liberté, car nul ne peut imposer à qui que ce soit de croire en un Dieu, quel qu’il soit, les intellectuels de Daesh croient fermement qu’il est possible d’imposer leurs vues à la terre entière. Cela ressemble à l’un de ces scénarios de films catastrophes réalisés à coup de millions à Hollywood. Pourtant, hier soir à Paris, c’est bien l’horreur qu’ont vécus nos amis parisiens, auxquels nous envoyons l’expression de notre grande tristesse et de notre solidarité, dans nos prières et dans nos actes.

Alors, maintenant que les choses sont claires et que l’on ne peut plus abuser personne quant à l’identité des extrémistes, à partir de cet instant, n’acceptons plus la moindre remarque islamophobe ou misislamique, n’ajoutons pas à la tristesse profonde que nous ressentons à la pensée de toutes ces innocentes victimes de Paris la responsabilité d’une inaction face aux messages trompeurs des racistes et diviseurs de tout crin.

Soyons unis dans l’invincible espérance de sociétés dans lesquelles chacun, chacune a une place de choix, une place où son coeur peut se sentir au chaud, en sécurité au milieu de frères et soeurs bienveillants.

Osons croire en un monde fraternel et soyons-le.

par Pascale Frémond, présidente de Religions pour la Paix – Québec
Montréal, le 14 novembre 2015

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Notre éditorial

Chaud froid sur terre

 

Le monde vu de ma fenêtre

On souffle le chaud et le froid sur la terre. Ici un élan de générosité pour accueillir les réfugiés; là une pétition pour repousser leur arrivée. Ailleurs des manifestations de solidarité avec les victimes d’attentats. Par vagues, des appels à sauver la planète des effets dévastateurs de nos pollutions alias « changements climatiques ».

Oui,  à petite et grande échelle, un chant d’amour monte vers le ciel.

Oui, les aspirations à la paix, à la justice et au partage existent bel et bien.

Mais pourquoi ces convulsions qui secouent nos villes? Pourquoi ces explosions de rage et de haine ciblant des civils? Jusqu’où ira cet effroyable dévoiement qui transforme des fillettes en kamikazes, après voir habillé en soldats des milliers d’enfants?

Bien avant le 13 novembre 2015, vendredi noir de Paris, le Moyen Orient appelait au secours. Des hordes de familles avec enfants se déplaçaient vers des frontières toutes proches ou vers une lointaine Europe. À l’intérieur du continent africain des centaines voire des milliers cherchaient refuge dans les pays voisins. Sur fond de puits de pétrole convoités, de trafic d’armes sur des circuits clandestins, de tensions intra-nationales dites religieuses, les signaux d’alarme se sont multipliés. 60 millions de personnes déplacées sur la planète par des inondations, des combats entre civils et rebelles, pire des populations traquées par leur armée nationale : c’est plus que les 50 millions de personnes déplacées après la Seconde Guerre mondiale.

Armes, d’où venez-vous?

Nous assistons à des convulsions volcaniques qui crachent des humains sur les routes. Qu’y a-t-il dans les entrailles de la terre en ce XXIe siècle pour provoquer tant de rejets? Se pourrait-il que les fondations de notre univers soient ébranlées par la danse macabre des trafiquants d’armes? Nul ne peut prétendre répondre seul à cette question qui nous brûle tous les lèvres.

Le monde vu de ma fenêtre recèle plus de bonté que de misères, plus d’humanité que de lamentables actions. Au lendemain du 13 novembre, une jeune femme rayonnante de santé répétait : « ils » ne nous auront pas par la haine, parce que l’amour est plus fort que la haine, l’amour plus puissant que la violence. Elle voulait faire partie de la fête, de la rencontre des amants de la terre et des humains. Du même souffle, le lendemain de la mort de son épouse, un homme déclarait : « vous n’aurez pas notre haine …», noble écho à ces mots d’Izzeldin Abuelaish,  médecin palestinien, qui  publiait en 2010 Je ne haïrai point, récit de la perte de ses deux filles et d’une nièce dans le bombardement de leur maison.

L’humain est capable du meilleur. Tout de même, je crois que nous devons veiller afin que la violence ne vienne à bout de la bonté. Surveillons les nids de rejet qui dissuadent les gens de pratiquer l’accueil bienveillant. Organisons la vie quotidienne pour dépister en nous et autour de nous  les pièges de la consommation en spirale qui nous rendent aveugles et sourds. Repérons en nous-mêmes les voix qui nous enferment : insécurité face à l’avenir, peur du manque, appât du gain rapide, culte du moi au mépris de ses engagements envers l’autre.

Nous n’aimons pas les examens de conscience, base de l’antique précepte « connais-toi toi-même ». Nous sommes plus enclins à recommander à nos gouvernements la vigilance, la rationalité, les choix judicieux pour le maintien de l’ordre, de la sécurité et de la paix. Certes les gouvernements ont de telles responsabilités et chaque citoyen, citoyenne a le devoir d’exercer son droit de parole pour faire entendre, au-delà des intérêts individuels, les conditions à réunir pour promouvoir le bien commun au bénéfice de tous. Toutefois, les lois et les institutions ne seront jamais meilleurs que nous. Il ne suffit pas d’adopter des lois justes, disait Marie Gérin-Lajoie, il faut inculquer en chacun le désir de les respecter.

Osons nous demander si notre pays n’est pas en train de s’enrichir en vendant des armes légères ou lourdes à d’autres États, au nom de la légitime défense nationale. Chez nous, des milliers d’emplois en dépendent; est-ce pour cette raison que les organisations syndicales ne soulèvent plus les enjeux de la production d’armes?

Nous savons aussi que des armes garnissent les comptoirs de ventes de nos quartiers urbains, sans réel mécanisme de contrôle. Plus largement, soucieux de ne pas déplaire au lobby des armes, notre gouvernement a fait pression pour que le Traité international sur le commerce des armes conventionnelles soit moins contraignant. Autrement dit, comment qualifier le rapport entre libre circulation et vente des armes (un commerce annuel de 85 milliards de dollars US) et les désordres qui agitent des capitales du monde soi-disant en paix? Le pape François évoque fréquemment en public le funeste travail des marchands d’armes qui font la fête pendant que des vies innocentes s’effondrent dans la douleur.

Boire à son propre puits

L’heure est au recueillement, au silence créateur. Certains craignent qu’on passe à l’auto-flagellation. Cherchons plutôt en nous-mêmes l’eau qui communie à la source de la Vie. Trouvons les mots pour exprimer nos plus profondes convictions, celles qui nous attirent vers le haut au-delà de nos complicités vers le bas. Que ces parcelles de vérité arrachées à l’obscurité alimentent des rencontres qui nous feront passer de l’indifférence à la solidarité. Pas la solidarité de clan, mais bien celle qui nourrit et renforce la compassion envers les plus vulnérables et les peuples durablement éprouvés. Celle qui coûte aussi. Alors la paix viendra.

Gisèle Turcot, Antennes de paix
Montréal, le 23 novembre 2015

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Messages de paix

Résister à la haine et à la peur

(…) Le cœur saigne avec celui de malheureux exposés à l’hyper-violence de cette nuit. À cette heure, toute querelle s’interrompt. Je forme le vœu que nul ne s’abandonne à la vindicte et conserve sa capacité de discernement. Je forme le vœu que nos responsables gouvernementaux aient tous les moyens d’agir comme ils le souhaitent. Et que nous soyons tous capables de résister à la haine et à la peur que les assassins veulent incruster en nous.

Jean-Luc Mélenchon
14 novembre 2015 sur son site http://melenchon.fr/

Pour le cardinal Vingt-Trois seul “un surcroît de confiance en nos semblables” peut répondre à la violence – Extraits d’un article du Journal La Croix.

Devant l’irruption brutale de la mort et de la violence irrationnelle, a-t-il notamment expliqué, le croyant, comme tout un chacun, « est intimement acculé » à répondre à la question suivante : vers qui me tourner dans cette épreuve ? Faut-il « faire confiance aux palliatifs, plus ou moins efficaces ou durables ou bien faire confiance à notre Dieu, qui est le Dieu de la vie »… Pour le cardinal Vingt-Trois le psalmiste nous soutient et met sur nos lèvres une prière de foi et d’espérance : « Tu ne peux m’abandonner à la mort ni laisser ton ami voir la corruption. » Une espérance qui nous apprend le chemin de la vie. Face à la barbarie des attentats de Paris, a-t-il continué, nous ne pouvons répondre que par « un surcroît de confiance en nos semblables et en leur dignité ». « Ce n’est pas en décapitant que l’on montre la grandeur de Dieu, c’est en travaillant au respect de l’être humain jusque dans ses extrêmes faiblesses », a souligné le cardinal. Cependant, à quoi « reconnaît-on un homme ou une femme d’espérance ? », s’est-il interrogé. Et de répondre « à sa capacité à assumer des épreuves et à combattre contre les forces destructrices dans la confiance et la sérénité ». « Nous ne pouvons pas nous arrêter aux malheurs de la vie ni aux souffrances que nous endurons, comme si cela n’avait aucun sens », a poursuivi le cardinal Vingt-Trois. « Cette espérance, nous devons la porter et en témoigner comme un réconfort pour ceux qui souffrent et comme un appel pour tous à vérifier les vraies valeurs de sa vie. »

Notre-Dame de Paris, France, 15 novembre 2015, homélie du cardinal Vingt-Trois lors de la messe à l’intention des victimes des attentats, publie par le journal La Croix

….

Se respecter et se soutenir les unes les autres

Extraits de la déclaration du Conseil œcuménique des Églises

«Face à cette brutalité, la famille humaine, toutes les personnes de foi et de bonne volonté, doivent rester unies pour renouveler leur engagement à se respecter et se soutenir les unes les autres, se protéger mutuellement et éviter de telles violences.

Nous ne pouvons accepter qu’une telle atrocité terroriste soit justifiée par le nom de Dieu ou par quelque religion que ce soit, et nous ne l’acceptons pas. La violence commise au nom de la religion est une violence perpétrée contre la religion. Nous la condamnons, la rejetons et la dénonçons. Affrontons-la en maintenant fermement et en faisant respecter les valeurs de la démocratie, de l’inter-culturalité et des droits humains que ce terrorisme veut attaquer.»

«Ne laissons pas ces événements flétrir notre attention et notre hospitalité à l’égard de celles et ceux qui fuient la violence et l’oppression. Continuons à nous efforcer de faire ce qui est requis de nous: pratiquer la justice, aimer la miséricorde et marcher humblement avec notre Dieu sur le chemin de la justice et de la paix.»

https://www.oikoumene.org/fr/press-centre/news/wcc-strongly-condemned-terror-attacks

Prendre soin les uns des autres

Tiré du message de l’Église catholique en France

Au lendemain des attentats du 13 novembre 2015 à Paris, le Service national pour les relations avec les musulmans de l’Église catholique en France, nous invite, à la suite du Christ, à « prendre soin les uns des autres ».

(…) Il nous invite à ouvrir notre coeur à la peine de toutes ces familles endeuillées et à la souffrance de toutes ces personnes marquées dans leur chair par la violence qui s’est manifestée vendredi soir à Paris et à Saint-Denis.

Publié le 14 novembre 2015 par le Service national pour les relations avec les musulmans de l’Église catholique en France
http://www.eglise.catholique.fr/conference-des-eveques-de-france/textes-et-declarations/409522-prendre-soin-les-uns-des-autres/

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Tuer au nom de Dieu «est un blasphème»

Extrait du message du pape François à la suite des attentats à Paris

 « …Tant de barbarie nous laisse effarés, et on se demande comment le cœur de l’homme peut imaginer et réaliser des évènements aussi horribles, qui ont bouleversé non seulement la France mais le monde entier. Face à de tels actes, on ne peut pas ne pas condamner l’inqualifiable affront à la dignité de la personne humaine. Je veux réaffirmer avec vigueur que la voie de la violence et de la haine ne résout pas les problèmes de l’humanité. Utiliser le nom de Dieu pour justifier cette voie est un blasphème !»
http://fr.radiovaticana.va/news/2015/11/15/attentats_de_paris__fran%C3%A7ois_rappelle_que_tuer_au_nom_de_dieu_%C2%ABest_un_blasph%C3%A8me%C2%BB/1187015

Ne pleurez pas sur ce que vous avez perdu

Dans une autre déclaration, le pape François nous invite plus personnellement :

Ne pleurez pas sur ce que vous avez perdu, battez-vous plutôt pour ce que vous avez.
Ne pleurez pas sur ce qui est mort, battez-vous plutôt pour ce qui est vivant en vous.
Ne pleurez pas sur celui qui vous a abandonné vous, luttez plutôt pour celui qui est avec vous.
Ne pleurez pas sur ceux qui vous haïssent, battez-vous plutôt pour ceux qui vous aiment.
Ne pleurez pas sur votre passé, battez-vous plutôt pour ce que vous vivez actuellement.
Ne pleurez pas sur votre souffrance, luttez plutôt pour votre bonheur.

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La terreur ne dominera pas

Extrait du communiqué de Pax Christi International à a suite des attentats terroristes à Beyrouth et à Paris, diffusé le 14 novembre 2015

En réfléchissant et en s’attardant sur ces événements cruels, nous croyons que cela ne concerne pas uniquement les personnes à Beyrouth et à Paris. En effet, cela touche tous les humains ; et cela peine toujours à trouver des façons pour gérer et traiter, de manière appropriée, cette violence et cette terreur. Nous devons les trouver pour que ces carnages et bains de sang cessent.

Utiliser la violence armée demeure un moyen facile pour se venger, se justifier en prétendant que c’est le meilleur moyen de résoudre les conflits sanglants en cours, et le proposer aux citoyens comme unique source de sécurité. Cependant, les opérations militaires nous empêchent de voir clairement les bases de cette terreur. Les groupes terroristes, tels que le soi-disant État islamique, continuent d’augmenter leur richesse et leur puissance militaire, et pour que cela cesse, certaines liaisons internationales doivent être coupées. Jusqu’à présent, les fusils ne nous ont pas permis d’éradiquer l’extrémisme violent; les institutions étatiques doivent se montrer beaucoup plus créatives et transparentes pour trouver des façons de faire, tout en s’appuyant sur des réponses déjà développées par les organisations de la société civile.

Bruxelles, le 14 novembre 2015

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Vos témoignages, hommages et commentaires

 « Hommage aux Vivants de Paris »

Vous nous avez quittés, votre trentaine à peine entamée… Vous étiez pleins de fougue et d’élan, vous aimiez fêter, vous retrouver pour célébrer la vie malgré vos pertes d’emploi et précarités de tous ordres… Ensemble vous vous souteniez, chers musiciens, écrivains, doctorants, jeunes parents, avocats ou prolétaires…

Vous étiez debout, « en vie » et « en travail » pour un avenir meilleur…

Votre trop court passage nous inspirera longtemps: entre deux contrats et un salaire de rien, vous viviez et goûtiez pleinement l’air du temps; vous mordiez à plein dans cette vie où tout était à espérer… Vous ne baissiez pas les bras et dansiez avec la morosité.

Il aura suffi de quelques secondes pour que des monstres jaloux viennent vous éliminer en ouvrant un bal de la Mort.

Mais pour nous qui vous aimons- toutes générations confondues- vous resterez vivants dans nos mémoires et nos cœurs, bien au-delà de la peur et de la mort : sous les feux déments, vous devenez pour l’histoire, un rappel constant d’une vie jeune, forte et bonne; rappel et souffle puissant d’espérance qui traversera ce siècle…

Reposez en Paix, Jeunes Vivants de la grande Histoire.

Marie-Hélène

2015-11-16

……

Sans voix

Ce qui est arrivé à Paris nous laisse sans voix. Nous sommes tristes et désolés en pensant aux victimes et à leurs familles, et nous sommes effrayés, sachant que nous sommes tous vulnérables à de telles attaques. Les chrétiennes et les chrétiens prient pour que Dieu aide les   familles qui souffrent à Paris et délivre le monde de l’infection toxique causée par la haine et la vengeance. Il est trop tôt pour analyser l’origine de la rage violente dans le cœur des  acteurs criminels. Mentionner cela en ce moment pourrait sembler minimiser la responsabilité criminelle de ces actes atroces, et blâmer le pays des victimes, rappelant les politiques coloniales et militaires des grandes puissances occidentales. C’est maintenant le temps de faire le deuil, pas encore celui de la réflexion critique.

Gregory


Prier aussi pour les terroristes

Je voudrais ajouter, comme membre d’une organisation de paix, que nous devons prier aussi pour les terroristes dans ces incidents récents et dans tous ces mouvements. Jésus nous appelle a aimer et a pardonner ceux et celles qui nous blessent. C’est l’Amour, seul, qui peut apporter la transformation de conscience et du coeur. Cet Amour peut aussi nous transformer an aimant.
Mary-Ellen Francoeur

« En marche »

Hier soir, je priais avec ce texte des Béatitudes (Mt 5, 1-11). Mais non pas à partir de la traduction habituelle, mais à partir de la traduction de Chouraqui :

« En marche, les humiliés du souffle ! …
En marche, les endeuillés ! …
En marche, les humbles ! ….
En marche, les affamés et les assoiffés de justice ! …
En marche, les faiseurs de paix ! …
En marche, les persécutés à cause de la justice ! … »

Oui, il nous faut continuer à marcher. Il nous faut trouver la force et le courage de rester en dynamique de marche pour ne pas donner raison à ceux et celles qui font usage de la violence et de la haine, pour ne pas donner raison à ceux et celles qui évoquent Dieu pour tuer. Mais comment marcher ? Quelles voies trouver pour ne pas répondre par la violence et la haine alors que cette réponse est spontanée et naturelle ?

Chose curieuse, vendredi soir à Paris, – alors que les attentats étaient en train de se produire mais nous ne le savions pas – je discutais avec des collègues de l’aikido et nous réfléchissions aux liens existants entre les arts martiaux et l’attitude non-violence devant ce monde troublé … Nous nous disions que c’était l’exercice de toute une vie. Certes!

Votre prière, votre amitié, votre soutien sont essentiels. Merci infiniment.

Virginie
2015-11-14

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Témoignages reçus en réponse à notre question : Dieu veut-il vraiment la violence?

Dieu ne veut pas et ne crée pas la violence

Non, je suis sure que non, Dieu ne veut pas et ne crée pas la violence… Loin de là.

Un seul geste me vient depuis l’annonce des nouvelles tragiques de Paris, la prière, la communion avec tous ceux qui souffrent, à Paris oui, mais aussi dans les pays ou ce groupe sévit depuis des années.

Il faut aussi prier pour les chefs d’États qui auront à prendre des décisions justes et ajustées.

Et je ne peux que faire miens les mots du Pape François « N’oublions pas non plus l’hypocrisie de ces puissants de la Terre qui parlent de paix mais qui, en sous-main, vendent des armes » a-t-il déploré.

Il va falloir repenser, arrêter ce double-jeu, cette sur-enchère de vocabulaire guerrier utilisé dès le premier discours du président de la république. Construire plutôt sur la fraternité et le vivre-ensemble que des milliers de citoyens tentent d’expérimenter tous les jours.

Je balance être la sérénité dans la prière et le cœur qui se serre lorsque les sons de la radio retransmettent les tirs entre forces armées et offenseurs présumés… J’ai mal à l’humanité… et quelques fois j’ai peur… Pour mon pays, pour notre fraternité et notre paix.

Marjolaine Mondon
2015-11-18

Dieu ne veut en rien la violence!
» Amour et Vérité se rencontrent,
Justice et Paix s’embrassent… »

« Toute cette violence » n’est-elle pas issue de notre avidité, laquelle suscite l’injustice qui la déclenche?

En nous anesthésiant dans l’oubli de nos racines spirituelles, le matérialisme prend toute la place jusqu’à l’opulence éhontée d’un côté, et de l’autre, le pauvre piétiné: ainsi pratiquons-nous l’injustice qui elle, est la source des pires violences…

Dieu nous a envoyé son Fils qui est « Prince de la Paix » … Le suivre nous invite au détachement et au juste partage; Il nous invite à nous faire violence et nous préparer car la paix est un combat de tous les instants.

Un combat contre nos instincts d’avidité, contre nos préjugés, contre les injustices de tous ordres qui enferment les humains, et les avilissent: c’est Son Visage dans l’humain qui est violenté, ce qui est contraire au désir de Dieu.

Marie-Hélène

Non, c’est impossible que Dieu veuille la violence… ce serait comme si nous comme parents voudrions que nos enfants utilisent la violence!

Non, Dieu est amour et comme notre père ou mère il doit pleurer de nous voir nous tuer les uns aux autres… Dieu est amour et pardon. Il nous a créés avec un libre arbitre, avec le droit de nous tromper. Il doit se rendre compte comment nos cœurs blessés au sang nous font agir avec des gestes que nous ne pouvons pas du tout justifier.

Dieu nous permet de faire notre chemin même si celui-ci est violent et regrettable.

Je crois que Dieu a confiance en nous et il nous voit comme un père d’adolescent… il attend juste qu’on grandisse…

Rosa

Dieu ne veut pas et ne crée pas la violence

Non, je suis sure que non, Dieu ne veut pas et ne crée pas la violence… Loin de là.

Un seul geste me vient depuis l’annonce des nouvelles tragiques de Paris, la prière, la communion avec tous ceux qui souffrent, à Paris oui, mais aussi dans les pays ou ce groupe sévit depuis des années.

Il faut aussi prier pour les chefs d’États qui auront à prendre des décisions justes et ajustées.

Et je ne peux que faire miens les mots du Pape François « N’oublions pas non plus l’hypocrisie de ces puissants de la Terre qui parlent de paix mais qui, en sous-main, vendent des armes » a-t-il déploré.

Il va falloir repenser, arrêter ce double-jeu, cette sur-enchère de vocabulaire guerrier utilisé dès le premier discours du président de la république. Construire plutôt sur la fraternité et le vivre-ensemble que des milliers de citoyens tentent d’expérimenter tous les jours.

Je balance être la sérénité dans la prière et le cœur qui se serre lorsque les sons de la radio retransmettent les tirs entre forces armées et offenseurs présumés… J’ai mal à l’humanité… et quelques fois j’ai peur… Pour mon pays, pour notre fraternité et notre paix.

Marjolaine Mondon
2015-11-18

Pourquoi ne pas se fier tout simplement à ce que dit Dieu?

Déjà, à la fin du Déluge, Dieu dit à Noé: « Plus jamais je ne frapperai tous les hommes comme je l’ai fait ». Or, lorsque Dieu donne Sa Parole Il ne la reprend pas. Jamais.
Il la précise à travers les prophètes :

Jérémie, chapitre 31, versets 31 à 34 :  « Voici, les jours viennent, » dit l’Éternel, « où je ferai avec la maison d’Israël et la maison de Juda une alliance nouvelle, non comme l’alliance que je traitai avec leurs pères, le jour où je les saisis par la main pour les faire sortir du pays d’Égypte, alliance qu’ils ont violée, quoique je fusse leur maître», dit l’Éternel. Mais voici l’alliance que je ferai avec la maison d’Israël, après ces jours-là, dit l’Éternel: « Je mettrai ma loi au-dedans d’eux, je l’écrirai dans leur coeur; et je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple. Celui-ci n’enseignera plus son prochain, ni celui-là son frère, en disant: ‘Connaissez l’Éternel!’ Car tous me connaîtront, depuis le plus petit jusqu’au plus grand, » dit l’Éternel; « car je pardonnerai leur iniquité, et de leurs péchés je n’aurai plus souvenance ».

Dans l’épitre aux Hébreux, Saint Paul retransmet cette magnifique et inoubliable promesse apte à nous arracher à l’incroyance une fois pour toutes.
Jésus Christ, lors de sa rencontre avec la Samaritaine, y avait fait discrètement allusion : « Mais l’heure vient, elle est là, où les vrais adorateurs adoreront (adorent) le Père en Esprit et en Vérité » (là où la violence ne trouve pas sa nourriture et disparait).

Dieu ne trouve-t-il pas sa joie dans la nôtre ?  Oui, il la trouve dans la nôtre qui trouvons la nôtre dans sa présence.

Anne
2015-11-15

« Quand tout les hommes vivront d’amour, il n’y aura plus de misère et ce sera la paix sur la terre »

Rose

Lire aussi à ce sujet l’article publié par La Croix : Les religions sont-elles vraiment violentes ?
http://www.la-croix.com/Religion/Actualite/Les-religions-sont-elles-vraiment-violentes-2015-11-30-1386956?xtor=EPR-9-[1300903784]

Témoignages reçus en réponse à notre question : Comment rester unis?

J’ai un rêve… que les événements des derniers jours amènent tous les croyants en un Dieu de paix et d’amour à former une seule et unique religion où tous seront respectés dans leur intégralité. Ce sera un merveilleux don de Dieu qui confirmera que tout concours au bien de ceux qui L’aiment. Plus jamais de violence au nom de la religion.

Carole Lévesque

paix-novembre-15m

Illustrations de Voix et Couleurs

Comment rester unis?

Partager… Comme le suggèrent les « Antennes de Paix »…
Rester unis suite aux attentats de Paris… La blessure est vive, la tentation de fermeture est grande et tend à se légitimer en pareille situation… Les « extrêmes » montant au front, voilà qui peut devenir mortifère…
D’où l’importance de nous donner des lieux de parole (pour partager ses peurs, les « dire » plutôt que de les « agir »…) de nous rassembler pour prier, pour poser des gestes de paix.
Ces actions concrètes nous ouvrent des possibles et nous délivrent du mal, au lieu de nous y soumettre.

Oui, un pareil événement peut nous convier à une communion entre nous, qui nous rend à notre humanité plutôt que de nous en éloigner, à l’image du mal commis/subi…

Marie-Hélène

Avant même de répondre à la question comment rester unis, je m’arrêterai d’abord à comment faire en sorte que la terreur n’engendre pas de division, de haine…..j’ai reçu beaucoup de skype de France toute cette fin de semaine y compris D’AMIS MUSULMAN S et qui me posait la question : Est-ce que l’on est toujours tes amis !!!!!! et ils pleuraient……je crois que nous avons tous à incarner en premier l’hospitalité ( selon la bible) comme gage d’un amour au delà de toutes races, toutes religions, toutes cultures…..

Louisette Lelievre

Que pourrais-je en dire de plus? pour ce soir… Après ce que j’ai déjà publié et-ou partagé … J’ai mal à mon humanité…j’ai mal… Je veux espérer en l’intelligence des gens. J’ose le souhaiter et l’espérer contre toute espérance.

Colette Gladu

…..Un message d’une fraternité au Kivu

Chère équipe des Antennes de paix,

La Jeunesse Franciscaine (JeFra) de la Fraternité régionale du Kivu/RDC
tient encore une fois à vous remercier et à vous encourager pour votre
engagement dans la protection des droits humains.

Par ailleurs, elle se joint à vous pour exprimer toute sa solidarité
envers la France. Nous partageons la peine des familles endeuillées et espérons que les
décisions justes seront prises pour préserver la sécurité du pays, dans le respect de tout citoyen, sans faire l’amalgame qui ne ferait qu’accentuer la haine religieuse.

Face à  ces actes affreux dont la France, pays ami et frère vient d’être victime, le besoin d’un dialogue œcuménique se fait sentir pour une union interreligieuse et interculturelle.

Il est temps que toutes les religions intériorisent cet adage: » UNIQUE EST LE SEIGNEUR ».

Nous attirons l’attention de tous sur la nécessite d’accueillir Jésus, le Roi de paix, dans notre coeur au-delà de toutes dénominations et dans une véritable union des Églises.

Que leur diversité devienne une chance et non une menace.

Pendant cette situation, que tout  membre de chaque Église à son niveau soit artisan de paix et de dialogue.

Ainsi, la haine et la violence ne prendront jamais le dernier mot.

Pendant cette période prenons comme devise et/salutation: UNIQUE EST LE SEIGNEUR.

Nous demeurons en union de prières pour la paix en France et dans le monde.

Paix et tout bien!
Au nom de la Fraternité régionale de la JeFra du Kivu/RDC

Robert KITUMAINI CHIKWANINE
Président régional
2015-11-16