Colombie, un courageux processus de paix

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Notre dossier spécial sur le processus de paix en Colombie

Un pays démocratique, doté d’une constitution, d’un Parlement composé d’élus selon les normes démocratiques, a pourtant vécu une longue guerre civile qui remonte à la fin des  années 1950 et qui a atteint une violence inouïe, surtout  à partir de 1985. Mais tous les conflits  finissent par trouver une issue, plus ou moins pacifiquement. Engagé dans un processus de négociations pour arriver à une pacification du pays, le peuple colombien vit une période cruciale de son histoire contemporaine.

Une particularité inédite du processus de paix, dont les négociations se déroulent à Cuba, est de donner la parole aux victimes. Des victimes de la société civile qui, en Colombie, ont subi les assauts de plusieurs acteurs en présence poursuivant leurs intérêts respectifs : les paramilitaires, les rebelles menant des guérillas, les forces gouvernementales commettant des exactions contre leur propre peuple.

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Les paramilitaires : 8,902 assassinats sélectifs, 1,166 massacres avec  7,160 morts, 371 cas de torture et de sévices, plus de 1000 enfants soldats.  Et 800,000 hectares de terres  expropriées et abandonnées.

Les guérillas : 24,482 séquestrations, 3,900 assassinats sélectifs, plus de 700 victimes civiles dans des actions violentes, 854 attaques à des villages, 77 attentats terroristes, 343 massacres, plus de  4,323 attaques sur des biens publics et près de 800,000 hectares accaparées, près de 4 000 enfants soldats.

Les forces gouvernementales : 2 399 assassinats sélectifs, 158 massacres causant 870 morts, 182 attaques sur des biens publics, 71 morts civiles pendant des actions violentes, un nombre indéterminé de détentions arbitraires, tortures et disparitions forcées.

Les statistiques présentées ici proviennent du Centro Nacional de Memoria Histórica, un organisme gouvernemental créé en Colombie pour conserver la mémoire de la guerre civile, principalement durant la période de 1985 à 2012. En savoir plus sur ce site, en espagnol :

http://www.verdadabierta.com/las-cifras-del-informe-basta-ya

Cliquer sur: Historia del horror, victimas invisibles, desplazados y despojos,  et aller à PREZI pour voir une présentation intégrée de ces actes qui ont causé tant de souffrances.

L’insécurité, sœur jumelle de la violence

La guerre civile en Colombie est une histoire de violence qui s’est répandue et dégradée au point de dépasser les limites et les normes que les combattants doivent respecter dans une vraie guerre.

Pour déstabiliser les petites communautés et localités, on semait la peur par des enlèvements et des assassinats sélectifs. Pour s’accaparer des territoires riches en ressources minières, des paramilitaires ont déplacé des populations, ruiné des millions de paysans et affaibli l’économie. Le narcotrafic a servi à augmenter le pouvoir territorial et à l’achat des armes; tous les acteurs – la guérilla, les politiciens, les paramilitaires et même les membres des forces armées- en ont profité pour déstabiliser la vie politique.

Pour se défendre, l’armée colombienne a pactisé avec des forces obscures, jusqu’à ce qu’elle reprenne l’initiative vers 2003.

Les pertes humaines sont immenses, et près de 10% de la population a été forcée de se déplacer à l’intérieur du pays ou à l’étranger.

Tout au long de ces années, des réseaux de solidarité se sont constitués. Les communautés chrétiennes ont accompagné les populations locales menacées de toute part.

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Donner la parole aux victimes et reconnaître leurs droits

« D’abord, nous avons établi quelques principes directeurs pour toutes les discussions; et deuxièmement, nous assurons une plus grand participation des victimes, car tout ce que nous faisons et que nous avons fait, repose sur ce que les victimes nous disent.

Ces principes partent d’une conviction fondamentale : que les victimes de graves violations aux droits de l’homme et au Droit humanitaire international perpétrées pendant le conflit ont droit   la vérité, à la justice, à la réparation et aux garanties de non répétition. C’est ce que le Gouvernement a affirmé  maintes fois, ce que dit la Loi sur les Victimes, mais c’est ce qui ne s’est jamais dit dans un processus de paix entre le Gouvernement et les FARC.

Les droits des victimes du conflit ne sont pas négociables. »

Allocution au Parlement du Haut-responsable des négociations de paix, Sergio Jaramillo
http://www.las2orillas.co/el-tiempo-de-las-victimas-intervencion-del-alto-comisionado-para-la-paz/

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Une recherche action de Pax Christi International en Amérique latine a mis en évidence l’importance d’accompagner les personnes engagées dans la résolution pacifique des conflits.

« En tant que témoins du spectacle quotidien et douloureux d’injustices et violences qui entraînent des blessures au monde, nous pourrions bien définir l’être humain comme violent par nature. Toutefois, Jésus nous a donné une définition de ce que nous sommes par son esprit, sa vie et ses enseignements. Il nous a donné un témoignage clair du potentiel humain que nous possédons. « Jorge Julio Mejia M., S.J.

« Les participants ont réfléchi à la façon de récupérer après un événement traumatique en commençant par la reconnaissance de la situation, la transformation des sentiments d’indignation et de vengeance en sentiments de compassion, d’empathie et de solidarité. L’un des moyens les plus efficaces de lutter contre l’injustice dans la région Amérique latine et Caraïbes est l’accompagnement de leurs communautés (…) qu i permet de surmonter et confronter les moments difficiles et de construire un tissu social solide. Cela guérit les traumatismes et transforme les paradigmes de la violence en paradigmes de changement vers la paix. »

Pax Christi International, Nous sommes le bras solidaire de Dieu, mai 2011 Traduction de Somos el brazo solidario de Dios.  

De nombreuses initiatives ont surgi partout en Amérique latine pour lutter contre la violence. En Colombie, des associations de femmes se sont fédérées pour élucider les éléments de la culture qui favorisaient la violence structurelle et sociale; elles ont élaboré un pacte éthique auquel adhèrent des centaines de groupes et associations sous le nom de Pacto Etico. Visiter leur site en espagnol : http://pactoetico.org  Pacto Etico por un pais en paz.

Quelques sites à visiter sur le sujet :

Les victimes colombiennes prennent la parole à Cuba : deux sites en espagnol
http://www.verdadabierta.com/las-victimas-camino-a-la-habana
https://www.youtube.com/watch?v=cUL0z9HOvsc

Des enfants autochtones racontent des épisodes de violence qui ont atteint leur famille. Selon le recensement de 2005, approximativement  1,4 millions de personnes indigènes vivaient en Colombie, soit environ 3.4 % de la population totale du pays. Écouter en espagnol :
http://www.centrodememoriahistorica.gov.co/centro-audiovisual/videos?start=16
http://www.centrodememoriahistorica.gov.co/centro-audiovisual/videos?start=32

Le conflit en images :
http://www.centrodememoriahistorica.gov.co/micrositios/expo_itinerante/

Chansons de paix et non-violence en espagnol:
http://www.centrodememoriahistorica.gov.co/centro-audiovisual/videos?start=28
https://www.youtube.com/watch?v=mhp5YRJXxH8

Le Révérend Michael Lasley est un spécialiste de la réconciliation. Pour l’entendre dans une video en anglais, visiterwww.reconciliacioncolombia.org, puis cliquer sur l’onglet MULTIMEDIA.

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