Comment faire connaitre les initiatives et artisans de paix?

Un même souffle anime la Journée internationale de la paix, célébrée le 21 septembre, et chaque édition du Forum social mondial (FSM) dont l’édition 2016 affirmait : « Un autre monde est nécessaire. Ensemble, il devient possible ».

Rien de plus nécessaire que la paix : une paix juste, qui libère de la pauvreté et de tous les esclavages. Quoi de plus nécessaire à la paix que la concertation de tous les efforts de créativité? Mais…

Comment faire connaitre les initiatives et artisans de paix dans une culture médiatique axée sur le sensationnalisme, les scandales et la violence?

C’était la question posée à quelques organismes québécois dédiés à la paix que les Antennes de la paix ont réunis pour une table-ronde pendant le FSM 2016 à Montréal.

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Atelier des Antennes de Paix au Forum Social Mondial 2016 à Montréal

 

La 12e édition du Forum Social Mondial (FSM), la première à se tenir dans un pays dit du nord, a eu lieu à Montréal du 9 au 14 août dernier. Au total 1300 activités autogérées ont eu lieu, en plus d’environ 200 activités culturelles et de six forums parallèles ; le Forum mondial des médias libres, le Forum parlementaire mondial, le Forum des Premières Nations, le Forum mondial de théologie et libération, le Forum social mondial thématique pour un monde libéré de la fission nucléaire civile et militaire et Hoodstock.

Les Antennes de Paix Montréal ont organisé une table-ronde sous l’un des 13 axes thématiques du FSM, celui de la culture de la paix et lutte pour la justice et la démilitarisation. La table-ronde intitulée la promotion des initiatives et artisans de paix s’est déroulée le vendredi 12 août, de 13 h 00 à 15 h 30 au Pavillon Bronfman de l’Université McGill. Cette activité a réuni une vingtaine de personnes et six intervenantes et intervenants représentant six organismes ou initiatives de paix : les 24 heures pour la paix dans le monde, le Prix du Public pour la Paix, Développement et Paix/ Caritas Canada, le Réseau Outils de paix,  Antennes de paix – Pax Christi Montréal et le Festival de la paix de Victoriaville.

La question principale de la table ronde était : « Comment faire connaitre les initiatives et artisans de paix dans une culture médiatique axée sur le sensationnalisme, les scandales et la violence?». Tour à tour, les représentants et représentantes des organismes et initiatives invités ont pris  la parole pour présenter les stratégies de communication mises de l’avant au sein de leurs organismes pour faire la promotion de la paix.

Gisèle Turcot, vice-présidente des Antennes de Paix, a présenté l’initiative 24 heures pour la paix dans le monde, une vigile solidaire sans frontière qui se tient chaque premier de l’An, sur la toile planétaire. La première édition des 24 heures, en 2014, diffusait  les souhaits que des organismes partenaires et des individus avaient fait parvenir pour la vigile et  lançait à chaque heure intermédiaire un nouvel appel thématique à la réconciliation, au partage et à la paix. La formule évolue d’année en année; c’est ainsi qu’est née l’invitation à mettre en valeur des artisanes et artisans de paix, à l’origine du Prix du Public pour la Paix, et l’appel à diffuser des actions spécifiques de compassion, de réconciliation et de construction de la paix.

Colette Coughlin, chargée des relations publiques pour le Prix du Public pour la Paix, a présenté cette initiative citoyenne en ligne dont le seul et unique objectif est de faire connaître un maximum d’initiatives et d’artisan-e-s de paix, du monde entier. Elle a souligné la flexibilité et l’écoute des voix des personnes votantes pour ajuster les règles démocratiques de tout le processus. À la différence d’autres prix qui ne révèlent que les noms des gagnants, le Prix du Public pour la Paix dévoile toutes les nominations qui ont reçu un nombre suffisant d’appuis selon une procédure connue. Le processus de vote invite le public à manifester son appréciation des artisanes et artisans de paix et à faire connaître leurs initiatives, au-delà de toute forme de compétition. La réponse du public a connu un bond significatif de la 1re à la 2e édition, quant au nombre de nominations proposées et aux activités de vote sur le site web et les pages Facebook du Prix.

Elana Wright, chargée du plaidoyer à Développement et Paix, a présenté les stratégies de communication de cet organisme dans ses campagnes, dont celle en cours est axée sur la guerre en Syrie. Développement et Paix répond à la crise dans ce pays depuis 2012, et travaille avec des organisations partenaires locales pour aider à soulager la souffrance de la population. Dans sa campagne nationale de plaidoyer, Développement et Paix vise à attirer l’attention du Gouvernement du Canada sur des initiatives prioritaires à mettre en œuvre afin de trouver une issue favorable au conflit qui soit diplomatique et non militaire. Développement et Paix exige que le Canada soutienne de manière proactive un processus de paix qui soit inclusif, assure l’accès à l’aide humanitaire et la protection des civils et favorise la cohésion sociale entre les réfugiés syriens et leurs populations hôtes déjà vulnérables. Développement et Paix et ses partenaires dans la région, travaillent pour offrir une lueur d’espoir aux personnes affectées par la crise.

Adriana Eslava, coordonnatrice du Réseau Outils de paix, a expliqué que son réseau est composé d’un groupe d’organismes communautaires montréalais œuvrant ensemble à développer des compétences de paix au sein des communautés. Outils de paix privilégie le travail en réseau en faisant des projets innovants qui combinent les forces respectives de chacun des groupes qui le composent. Ces organismes travaillent depuis de nombreuses années au développement de compétences de paix auprès de leur clientèle respective, possédant chacun des expertises uniques dans le domaine de la prévention et de l’intervention face aux situations de violence.

Ferdinand Djayerombe Vaweka, président des Antennes de paix – Pax Christi Montréal, a souligné l’implication de cet organisme dans la promotion de la paix autant à travers les initiatives de sensibilisation dans les médias sociaux qu’en relayant et en vulgarisant le travail des autres membres de Pax Christi International dont il fait partie. L’organisme Antennes de Paix est passé du rôle d’initiateur à celui de partenaire de soutien et de diffusion des 24 heures pour la paix dans le monde, du Prix du Public pour la Paix et de Communiquer pour rassembler, ce dernier étant un atelier de formation qui vise à outiller les organismes communautaires et culturels pour des campagnes de communications à moindre coûts.

Anne Beaumier, instigatrice et présidente du Festival de la paix à Victoriaville, a expliqué que le Festival vise la culture positive de la paix. Il s’agit de faire  la promotion des valeurs de communication, de respect, de responsabilisation et d’implication citoyenne. Le Festival de la paix de Victoriaville veut promouvoir la paix intérieure partagée dans la communauté. Ainsi, il devient un moyen de prévention quand l’on sait qu’il existe des expériences de vie qui font qu’on peut devenir des bombes à retardement. Madame Beaumier ne peut s’empêcher de rêver que Victoriaville devienne, par l’entremise de cet événement, un bassin de ressourcement collectif pour tout le Québec.

La présentation des personnes invitées à la table-ronde a été suivie par un échange très engagé avec les participants et participantes qui provenaient d’au moins trois pays différents : la Belgique, la France et le Canada. Leurs commentaires n’ont pas manqué de réitérer l’urgence pour nos sociétés de privilégier et d’ouvrir des espaces publics de discussions pour parler de la paix, de l’harmonie et des faits positifs en vedette partout sur la planète.

Par Ferdinand Djayerombe Vaweka
Le 22 août 2016
Président des Antennes de Paix / Pax Christi Montréal