Premières Nations, des pas dans la direction de la réconciliation et de la paix

RENCONTRE entre Premières Nations
et peuples immigrés au Québec depuis 4, 40 ou 400 ans :
des pas dans la direction de la réconciliation et de la paix.

 

  • Ce qui s’est passé les 30-31 mai 2017

Ils sont venus 250 autochtones, de 11 Communautés différentes. D’aussi loin que Schefferville et Natashquan sur la côte Nord. Pour une fois, nous les « immigrés » dans ce pays depuis 400 ans, nous étions minoritaires : une centaine d’alloctones participant aux deux journées de cette RENCONTRE. Faisant l’expérience de vivre avec, pas seulement de parler de. En soirée, alors que nous étions devenus 700 personnes, les rituels et textes amérindiens ont fait éclater les symboles de notre liturgie eucharistique.

L’affiche annonçant l’évènement en décrit le sens : rassemblement interculturel et  célébration inter-spirituelle symbolisés par les deux formes de tipis. Le mot RENCONTRE traduit en 14 langues autochtones ou non. Et aux quatre coins, les couleurs des humains sur la terre. La forme ovale exprime la Communauté, dans un vert-forêt de nos grands bois. Une invitation à la solidarité universelle.   

  • Une RENCONTRE en quatre temps :
  1. Nous avons commencé par entendre le récit de trois expériences collectives heureuses : Missinak, maison pour femmes autochtones violentées, à Québec. Mission de paix, expédition de 9 jours en canot sur le Saint-Laurent, pour la dixième année, entre Kanhwake et les Plaines d’Abraham. Le Collège Kiuna à Odanak, lieu de réintégration de jeunes amérindiens dans leur culture, autant que d’apprentissage académique et professionnel.

 

  1. En soirée, dans la grande « tente de réunion » qu’est la basilique, célébration eucharistique où sont mises en relief les 8 valeurs qui soutiennent la communauté, comme les perches d’un tipi; la prière dans les 6 directions; le chant en atikamekw.

 

  1. Le deuxième jour, quatre ateliers: sur l’écologie, la justice-réconciliation, la spiritualité amérindienne et chrétienne, la dépossession des territoires ancestraux.

 

  1. Puis, guidés par des femmes, nous vivons un moment de guérison spirituelle à la Source, et nous déposons nos fardeaux (et du tabac) dans le « feu sacré », avant d’entrer dans une danse à la file indienne.

Lire aussi l’article que nous avons publié à ce sujet : 
https://antennesdepaix.org/2017/08/09/journee-internationale-des-peuples-autochtones-temoignages-dune-rencontre/

 

  • Portée et avenir de cet évènement :

Nous ne voulions pas que ce temps précieux en soit un de spectacle, comme lors de l’ouverture des compétitions sportives ou de parades. Rencontrer pour vrai suppose le partage des blessures, ouvrant à la compréhension plutôt qu’à l’exclusion. Le partage des richesses aussi afin de créer la solidarité nécessaire pour rêver ensemble d’un avenir meilleur pour tous.

Si l’avenir de l’Église est dans la simplicité, l’accueil des différences, le retour à l’Esprit (le Saint et le Grand), chaque pas vers la réconciliation avec les Amérindiens est prophétique. Si l’avenir du monde est dans le respect de la Nature, la décroissance industrielle, les solidarités entre peuples, nous avons beaucoup à apprendre de la force de résilience des indigènes. Sans pour autant les idéaliser.

Quel avenir pour la RENCONTRE ? Les participant-e-s de cette année ont exprimé clairement le désir que ça  continue, même chaque année. L’évènement sera donc repris les 31 mai et 1er juin 2018. Si vous l’avez manqué en 2017, faites-vous ce cadeau l’an prochain, au moins pour la grande célébration en soirée. Bienvenue!

Bernard Ménard  Trois-Rivières
bmenard@ndc-cap.com