Enfants-Soldats

Enfants-soldats, enfants-mitraillette

Dans les pays les plus riches, les jeunes se divertissent en jouant à des jeux virtuels de guerre. Ailleurs sur la planète, de nombreux enfants, parmi les plus démunis, sont forcés de prendre les armes et envoyés sur la ligne de front pour tuer, …ou être tués. L’arme automatique, la mitraillette est devenue une figure incontournable, tenant une place importante dans la mémoire de l’humanité contemporaine. Cet appel, plus spécifiquement consacré aux enfants-soldats, approfondit le sujet de notre dossier précédant :  Armes et larmes, enfants captifs des conflits.

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La Journée internationale des enfants-soldats se tient chaque année le 12 février, voir l’affiche que nous avons préparé à cette intention sur le site  http://24365p.org/ (disponible en trois langues)

Parmi les grands drames de notre planète, le fait des enfants soient forcés à tuer est certainement l’un des plus déshumanisant. On pourrait presque parler d’une crucifixion quotidienne de l’innocence.

Ils sont entre 250 000 et 300 000 enfants soldats, garçons et filles, à être quotidiennement entraînés dans l’engrenage de la violence. Les milices les plus violentes exploitent les enfants de toutes les façons possibles, ils sont souvent réduits à un état d’esclavage, forcés à travailler et à tuer, systématiquement violés, battus, torturés, lapidés ou exécutés en cas de fuite.

Comment se fait-il que les enfants, que nos armes seraient censées protéger, soient de plus en plus et dans le monde entier les premiers témoins de nos instincts belliqueux irrésolus ?

« Le problème est celui des blessures profondes à l’intérieur, de ce traumatisme d’une société qui a respiré la violence, pendant des années et des années

Mgr Giuseppe Franzelli, évêque de Lira, au nord de l’Ouganda qui a vu son diocèse traversé par des jeunes miliciens de la LRA, l’armée de résistance du Seigneur.

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Apprivoiser « REBELLE »

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Pour mieux comprendre la réalité des enfants-soldats, nous vous invitons à lire la recension du film « Rebelle » que nous présentons dans notre nouvelle section « Films pour la paix ».

Le thème des enfants soldats est très dur car il est contre-nature. Un enfant est un être à protéger. Le fait d’utiliser des enfants comme soldats montre jusqu’où l’humanité est à l’envers d’elle-même. Il est nécessaire d’en parler pour prendre conscience de ces réalités. Pour ce faire, j’ai revu le film Rebelle du cinéaste québécois Kim Nguyen, réalisé en 2012, sur la triste situation des enfants soldats. Rebelle devient un excellent prétexte pour en parler.
https://antennesdepaix.org/rebelle-de-kim-nguyen/

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– Prise de parole –

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Quelque part dans le sud, sur le continent africain :

Des factions armées forcent des enfants à tuer leurs parents, père et mère. Après quoi la milice, leur nouvelle « famille », leur remet une mitraillette dans les mains en leur disant : « Voici ton père, voici ta mère, ne t’en sépare jamais! »

Une excellente tactique, semble-t-il, pour mieux asservir les enfants et en faire de véritables machines à tuer.

Un peu partout dans le nord, sur le continent nord américain

À combien d’enfants apprend-t-on à « tuer père et mère »?

Pour commencer en les forçant à éradiquer en eux toute référence à ce Père (qui est dans les cieux) et à cette Mère subtile qui manifestement nous accompagne lorsque l’on se remet intérieurement dans ses bras.

Ensuite en les conviant à cet égocentrisme condescendant qui rejette toute forme d’autorité et volonté sociale, suffisance qui va jusqu’au mépris des largesses de notre « Mère-Planète », considérant ce qu’elle nous offre comme un dû légitime.

Combien de parents, avec la meilleure des intentions, s’efforcent d’enseigner ce qu’ils considèrent une grande leçon de vie : « Ne fais confiance à personne d’autre qu’à toi-même ».

En d‘autres mots, tu n’as plus ni père ni mère, tu ne peux compter que sur toi et tes propres « armes » personnelles pour survivre.

Combien de millions d’ados sont entraînés chaque année dans cette culture de rejet de tout de ce qui les précède, de tout ce qui pourrait s’avérer plus large que leur propre volonté égocentrique? Ils « achèvent » quotidiennement leur propre père et mère au moyen d’une parole acérée, méprisante et arrogante. Cette « crise d’adolescence » qui ramène toute perception de la famille à la seule entité individuelle, au profit du chacun pour soi, les autres  étant nécessairement  contre soi-même, se poursuivra durant des années et des années.

Combien de millions d’enfants reçoivent chaque jour le message explicite qu’ils peuvent ne compter que sur leur arme, et sur leur capacité à supprimer tout ce qui leur fait obstacle, pour échapper à la mort et en sortir gagnant? De manière plus flagrante dans les films d’aventure et les jeux vidéos, combien de personnes un enfant d’ici tue-t-il par année? Soit en appuyant concrètement sur la gachette d’un jeu de guerre ou encore en s’identifiant aux protagonistes de films violents qui, pour se sortir de situations adverses, se voient contraints de mitrailler  froidement les cohortes de « méchants » qui sont lancées à leur trousse.

Et d’une façon plus large, combien de nos jeunes en viennent à ne compter que sur leurs armes personnelles pour se tailler une place dans la société? Peu importe « l’arme » en question, la force physique, l’intelligence, la ruse, la manipulation verbale  ou la capacité de séduire, le message reste le même : tu ne peux compter que sur toi-même, et ton arme personnelle, c’est ton « père-mère »!

À ce compte-là, ne sommes-nous pas tous un peu enfants-soldats? Et ne sommes-nous pas tous un peu mercenaires, lorsque le but ultime de « l’action armée » est de gagner plus d’argent?

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Lettre aux enfants-soldats

rédigée à partir de témoignages d’anciens enfants-soldats

Chers jeunes, on vous a recrutés de gré ou de force, emmenés en des lieux inconnus, en forêt ou au désert. On a exigé de vous une soumission absolue sous peine de cruelles sanctions. On vous a mis une Kalachnikov entre les mains en vous demandant d’être braves et de tuer, de mettre le feu à des maisons, ou de servir d’esclave sexuelle à tel commandant. Votre histoire tragique ressemble sans doute à d’autres histoires qui nous parviennent grâce aux recherches de groupes locaux et nationaux d’Amnesty International…

En Colombie, ils sont les otages des conflits qui opposent longtemps les paramilitaires, les narcotrafiquants et les forces gouvernementales et qui ont fait plus de quatre millions de déplacés à l’intérieur du pays. Un garçon de 17 ans, recruté par un groupe paramilitaire à l’âge de 7 ans alors qu’il était enfant des rues, résume ainsi son histoire : «Ils vous donnent une arme à feu, et vous devez abattre votre meilleur ami. Ils font ça pour voir s’ils peuvent vous faire confiance. Si vous ne le tuez pas, votre ami reçoit l’ordre de vous tuer. J’ai dû le faire, parce que sinon j’aurais été tué. C’est pour ça que je suis parti. Je ne pouvais plus supporter tout ça.»

Au Myanmar, un garçon enlevé par les forces gouvernementales à l’âge de 13 ans, en 2003, raconte que «… les autres recrues, si on les attrapait alors qu’elles cherchaient à s’enfuir, on leur frappait les mains et les pieds avec un bâton de bambou, ensuite elles étaient enchaînées et battues et frappées de nouveau et ensuite on les enfermait. »

Certains jeunes ont joint les rangs pour échapper à la pauvreté ou à un milieu culturel qui leur  paraissait étouffant, comme cette jeune fille au Sri Lanka qui avoue s’être enfuie pour échapper à un mariage dont elle ne voulait pas.

En RD Congo, « lorsqu’ils sont venus dans mon village, ils ont demandé à mon grand frère s’il était prêt à rejoindre la milice. Il avait tout juste 17 ans et il a dit non ; ils lui ont tiré une balle dans la tête. Ensuite ils m’ont demandé si je voulais m’engager, alors qu’est-ce que je pouvais faire – je ne voulais pas mourir. »

Au Zimbabwe, pendant une période d’entraînement au Service national de la jeunesse, la  situation des filles-soldates devenait intenable la nuit. «Il n’y avait personne pour surveiller les dortoirs, et toutes les nuits nous étions violées. Les hommes et les jeunes gens venaient dans notre dortoir dans le noir, et ils nous violaient  – vous aviez tout simplement un homme sur vous, et vous ne pouviez même pas voir qui c’était. Si nous pleurions après, nous étions battues avec des tuyaux d’arrosage. Nous avions tellement peur que nous ne dénoncions pas les viols. »

Le Soudan du Nord est l’un des pays qui recrutent des enfants et des adolescents pour gonfler les rangs de l’armée nationale. Ils et elles porteront encore longtemps les conséquences de cet enrôlement forcé, comme nous l’apprend un ex-enfant soldat de l’Armée populaire de libération du Soudan. «J’ai rejoint l’APLS lorsque j’avais 13 ans. Je suis originaire de Bahr Al Ghazal. Ils m’ont démobilisé en 2001 et m’ont emmené à Rumbeck, mais on ne m’a pas fourni de documents prouvant ma démobilisation. Maintenant, je suis coincé ici (au Soudan du Sud), parce que ma famille a été tuée lors d’une attaque des forces gouvernementales et parce que l’APLS pourrait me recruter de nouveau. Parfois, je me demande pourquoi je ne rejoins pas à nouveau l’APLS, la moitié de mes amis l’ont fait et ils ont l’air de s’en sortir mieux que moi.»

Gisèle Turcot     

Source : Amnesty International

 

– À l’œuvre pour la paix –

L’UNICEF

Un acteur incontournable dans le processus de libération des enfants-soldats

 

Une bonne nouvelle au Soudan du Sud, malgré la guerre civile qui déchire le pays : plusieurs milliers d’enfants vont être progressivement libérés des groupes armés qui sévissent dans le pays. L’UNICEF et ses partenaires ont sécurisé la libération d’environ 3.000 enfants d’un groupe armé au Soudan du Sud. D’autres seront libérés de façon progressive dans le mois à venir.

Plus de 100 000 enfants ont bénéficié des programmes soutenus par l’UNICEF depuis 1998
http://media02.radiovaticana.va/photo/2014/04/30/REUTERS332542_LancioGrande.JPG(RV)

armes-transformees-intruments-musique

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Voir aussi deux nouveaux dessins-prière au sujet des enfants-soldats dans la section « Prières pour la paix »

 

 

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